Colloque international autour des cent ans des offices HLM

De la loi Bonnevay à nos jours 1912-2012

En décembre 2012, la loi Bonnevay, créant les offices publics d’habitations à bon marché (HBM) municipaux et départementaux, aura cent ans. Ce texte fondateur, voté à une large majorité, a fixé pour longtemps les formes de production et de gestion des logements sociaux dans les départements et les communes. Si on connaît assez bien l‘ensemble des conditions de construction de ces logements, la gouvernance des offices par les collectivités territoriales et son évolution reste assez peu étudiée.

 

Voulant commémorer ce moment fondateur, l’office Plaine Commune Habitat a souhaité s’adresser à des historiens pour mettre ce texte législatif en perspective et donner un éclairage scientifique à un ensemble de manifestations dont il a pris l’initiative. En réponse à cette demande, qui recoupe nos champs de recherche, nous proposons la tenue d’un colloque international et pluridisciplinaire, ancré dans le territoire géré par cet organisme, couvrant un siècle d’histoire du logement social. La Seine-Saint-Denis offre l’occasion d’étudier un territoire anciennement industrialisé, avec des gros problèmes de crise du logement populaire, soumis à un renouvellement tant de ses activités que de sa population. Ce territoire a connu toutes les formes d’industrialisation, puis de désindustrialisation et de reconversion, ainsi que les diverses vagues de migrations, des Bretons aux Africains. Des communes emblématiques de la banlieue rouge se sont saisies de l’instrument du logement social qui reste aujourd’hui une question cruciale sur ce territoire.

Cette approche doit permettre d’éclairer le jeu complexe des différents acteurs impliqués dans la production de logement social : l’État, les collectivités territoriales, les réformateurs sociaux, la Caisse des Dépôts et consignations, le Crédit foncier… Pour mieux comprendre les spécificités du système français, on le comparera à chaque étape à des cas européens en nous attachant en priorité aux épisodes peu connus ou peu traités par la recherche.

Le découpage chronologique en cinq périodes interroge les capacités d’adaptation du modèle français à diverses conjonctures (Belle Époque, crise des années 1930, Trente Glorieuses, choc pétrolier). Quant à la dernière période, aujourd’hui, la question posée est celle du choix entre l’universalité du modèle français pensé pour tous les salariés et un modèle résiduel, logeant des populations ciblées, en grande difficulté.

Annie fourcaut, université Paris 1